Des propriétaires évoquent des factures d'électricité de 300 à 400 € en hiver après l'installation d'une pompe à chaleur (PAC), alors qu'ils espéraient économiser. Ces témoignages sont informels et ne permettent pas de généraliser, mais ils posent une vraie question : pourquoi un équipement censé consommer moins peut-il coûter cher à certains foyers ? Voici les causes techniques les plus fréquentes, des calculs chiffrés et les vérifications à faire avant de changer de système.
Une PAC capte les calories de l'air extérieur et les transfère au logement. C'est ce qui lui permet de produire plus de chaleur que l'électricité consommée. Un coefficient de performance (COP) de 4 signifie 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité, dans des conditions de mesure données.
Ce chiffre n'est pas constant : il dépend de la température extérieure, de la température d'eau demandée et des conditions de fonctionnement. Une PAC peut être très performante en essai normalisé et nettement moins dans une maison mal adaptée. Ce n'est pas forcément la technologie qui est en cause, mais l'écart entre conditions idéales et conditions réelles.
Dans beaucoup de maisons anciennes, les radiateurs étaient dimensionnés pour une chaudière produisant de l'eau à 65 °C ou plus. Remplacer la chaudière par une PAC air/eau sans adapter les émetteurs oblige la machine à produire de l'eau très chaude : l'effort thermodynamique augmente et le rendement baisse. À l'inverse, une PAC reliée à un plancher chauffant ou à des radiateurs basse température fonctionne bien plus efficacement.
Exemple pour une maison qui a besoin de 15 000 kWh de chaleur sur la saison, avec une électricité à 0,20 €/kWh :
| Rendement saisonnier (SCOP) | Électricité nécessaire | Coût de chauffage |
|---|---|---|
| SCOP 4 | 3 750 kWh | 750 € |
| SCOP 3 | 5 000 kWh | 1 000 € |
| SCOP 2 | 7 500 kWh | 1 500 € |
| SCOP 1,5 | 10 000 kWh | 2 000 € |
Simulation hors abonnement et autres usages électriques. À besoins identiques, une installation peu performante peut consommer plus de deux fois plus d'électricité qu'une installation bien optimisée.
Certaines PAC air/eau disposent d'une résistance d'appoint, qui intervient quand la puissance est insuffisante ou dans certaines conditions de fonctionnement. Elle ne profite d'aucun effet thermodynamique : 1 kWh de chaleur coûte environ 1 kWh d'électricité, contre 3 à 4 fois moins avec une PAC bien réglée.
Une résistance de 6 kW qui fonctionne 4 heures par jour pendant 30 jours consomme 6 × 4 × 30 = 720 kWh, soit 144 € de plus sur le mois à 0,20 €/kWh. Toutes les PAC n'utilisent pas autant leur appoint : cela dépend de la conception et des réglages.
Deux maisons avec la même PAC (SCOP 3) :
L'écart vient des besoins de chaleur, pas de la PAC. Une pompe à chaleur performante ne rend pas automatiquement une maison peu coûteuse à chauffer. Notre article sur les déperditions de chaleur aide à repérer les points faibles.
On entend parfois que les PAC seraient moins intéressantes avec des hivers plus doux. Pour l'aérothermie, c'est généralement l'inverse : à 10 °C dehors, la machine a moins d'effort à fournir qu'à -5 °C, et les besoins du logement baissent aussi. Si les factures augmentent malgré tout, il faut regarder le prix du kWh, les autres équipements, la température de consigne, les habitudes des occupants et, pour une PAC réversible, l'usage en climatisation l'été.
Plusieurs facteurs cumulés suffisent : grande surface, isolation moyenne, radiateurs à haute température, consigne à 21 °C, appoint électrique sollicité, auxquels s'ajoutent eau chaude sanitaire et autres usages domestiques.
Il faut toutefois distinguer deux cas. 400 € en janvier peut être un pic saisonnier. 400 € tous les mois, soit 4 800 € par an, appelle une analyse approfondie. Sans factures détaillées, relevés de compteur et caractéristiques du logement, on ne peut pas attribuer ces montants à la seule pompe à chaleur.
Face à une facture d'électricité jugée excessive, certains cherchent un chauffage dont ils maîtrisent mieux le combustible : on achète des sacs de granulés, on connaît leur prix, on voit ce que l'on consomme. Mais cette impression de maîtrise ne veut pas dire que le poêle coûte moins cher. Comparaison avec des hypothèses illustratives (électricité 0,20 €/kWh, granulés 350 € la tonne, 4,8 kWh/kg, rendement du poêle 90 %) :
Une PAC performante reste donc moins chère à l'usage. Si son rendement réel tombe à 1,8, le poêle devient compétitif. Le résultat dépend des prix réellement payés et des performances réelles des équipements.
Le poêle à granulés offre programmation, autonomie et chaleur directe, et peut compléter un chauffage central existant. Il impose du stockage, de l'entretien, un ramonage, parfois du bruit, et la chaleur se répartit parfois mal entre les pièces. Bien dimensionné, il fait un appoint pertinent quand les pièces de vie sont regroupées autour de lui. Pour comparer puissance, rendement et modulation avant de choisir, ce comparatif de poêles à granulés présente les critères de choix et plusieurs appareils.
En revanche, remplacer une PAC qui fonctionne par un poêle sans étude préalable peut entraîner des dépenses inutiles. Voir aussi notre article sur réduire ses dépenses de chauffage.
Ces contrôles évitent parfois de remplacer un équipement coûteux. Les travaux de réglage ou d'isolation peuvent aussi ouvrir droit à des aides : vérifiez vos droits ci-dessous.
Calculez en 2 minutes les aides (MaPrimeRénov', CEE, Éco-PTZ) auxquelles vous avez droit.
L'ADEME et Enertech ont publié en 2025 les résultats d'une campagne de mesures sur 100 pompes à chaleur posées dans des maisons individuelles (90 air/eau et 10 géothermiques, en remplacement de chaudières gaz ou fioul). Le rendement saisonnier moyen mesuré en chauffage pour les PAC air/eau est d'environ 2,9, avec de fortes variations selon les installations. L'étude insiste sur le dimensionnement, la température de distribution et les réglages (voir l'avis de l'ADEME sur les performances réelles). Elle montre des marges d'amélioration, sans conclure que les PAC seraient globalement inefficaces.
Une PAC bien dimensionnée, dans un logement adapté, peut être très économique. Ce n'est pas une garantie universelle : mauvaise isolation, radiateurs haute température, réglages inadaptés ou appoint excessif réduisent fortement les économies. Le poêle à granulés peut être un complément intéressant, surtout si le chauffage central coûte cher à exploiter. Avant de changer, comparez les coûts annuels réels, repérez les pertes d'énergie et vérifiez que chaque équipement convient au logement. Voir aussi PAC ou chaudière : que choisir selon l'isolation.
Sources et méthode : campagne de mesures ADEME/Enertech sur 100 PAC (2025) ; calculs de coûts issus de simulations aux hypothèses indiquées. Les témoignages de factures élevées sont des retours informels, non vérifiés individuellement, et ne permettent pas d'estimer la proportion de propriétaires concernés. Les exemples chiffrés ne sont pas des tarifs garantis.