Un arrêté publié fin août 2026 abaisse le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE. Résultat : plus de 300 000 logements F et G pourraient sortir du statut de passoire thermique au 1er janvier 2027 sans qu'aucun chantier ne soit ouvert. Voici ce que ça change vraiment pour votre rénovation énergétique et vos aides.
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) ne mesure pas directement votre facture : il applique un coefficient de conversion qui transforme l'électricité consommée dans le logement en « énergie primaire », c'est-à-dire l'énergie mobilisée en amont pour la produire et l'acheminer. Plus ce coefficient est élevé, plus l'électricité pèse lourd dans le calcul et plus l'étiquette énergie est pénalisée.
Un arrêté publié au Journal officiel le 31 août 2026 abaisse ce coefficient de 1,9 à 1,7 pour tous les diagnostics réalisés à compter du 1er janvier 2027. C'est la deuxième baisse en un an : l'arrêté précédent, du 13 août 2025, l'avait déjà fait passer de 2,3 à 1,9. En deux textes signés à un an d'intervalle, le coefficient a perdu plus d'un quart de sa valeur.
| Texte | Coefficient | Entrée en vigueur |
|---|---|---|
| Arrêté du 13 août 2025 | 2,3 → 1,9 | 1er janvier 2026 |
| Arrêté du 19 août 2026 | 1,9 → 1,7 | 1er janvier 2027 |
Le ministère de la Transition écologique présente ce nouveau calcul comme un moyen de favoriser l'électrification du chauffage des logements. Le détail de la méthode de calcul du DPE, coefficients inclus, est publié sur le site officiel ecologie.gouv.fr.
Si votre logement est chauffé à l'électricité (convecteurs, pompe à chaleur, chauffe-eau électrique…), un nouveau DPE réalisé après le 1er janvier 2027 peut afficher une meilleure lettre que le précédent diagnostic, à consommation réelle strictement identique. Selon les fédérations professionnelles de l'isolation thermique, plus de 300 000 logements classés F ou G sortiraient ainsi du statut de « passoire thermique » sans qu'un seul mètre carré n'ait été isolé, après plus de 800 000 logements déjà requalifiés par la baisse de 2025.
Six organisations professionnelles de l'isolation (FILMM, Mur-Manteau, AFIPEB, AICB, SNPU, Exiba France) ont publiquement contesté la mesure. Leur argument : un DPE qui s'améliore par décret plutôt que par des travaux de rénovation fausse la lecture du parc immobilier et peut désinciter certains propriétaires à engager une rénovation qu'ils pensaient devenir moins urgente. Elles ne s'opposent pas à l'électrification en tant que telle, mais rappellent qu'électrifier un logement mal isolé revient à faire fuir chaque kilowattheure par les combles, les murs ou les fenêtres — l'isolation de l'enveloppe doit rester la première étape, avant tout changement d'équipement.
Le raisonnement à retenir est simple : une pompe à chaleur installée dans un logement mal isolé consomme plus d'électricité qu'elle ne le devrait, parce que la chaleur produite s'échappe aussitôt par une toiture ou des murs non isolés. Le nouveau coefficient DPE peut faire paraître ce logement « performant » sur le papier, sans que rien n'ait changé côté déperditions thermiques. C'est pour cette raison que les professionnels demandent une politique qui associe systématiquement isolation thermique et électrification, plutôt qu'un ajustement du seul mode de calcul.
Point important à retenir : les aides à la rénovation énergétique — MaPrimeRénov', les primes CEE, l'éco-PTZ — restent conditionnées à la réalisation de travaux réels, vérifiés par des artisans RGE, et non à la seule étiquette affichée sur le papier. Un logement qui « gagne » une lettre grâce au nouveau coefficient ne devient pas plus performant aux yeux d'un acheteur qui vit dedans l'hiver, ni pour un locataire qui règle la facture.
Concrètement : si votre logement est mal isolé, ce changement de calcul ne doit rien changer à votre projet. C'est l'occasion de vérifier où se situent vraiment vos déperditions de chaleur (voir notre guide sur les déperditions de chaleur) plutôt que de vous fier à une étiquette recalculée.
Le coefficient qui convertit l'électricité consommée en énergie primaire passe de 1,9 à 1,7 pour les diagnostics établis à partir du 1er janvier 2027. Plus ce coefficient baisse, meilleure est la note DPE d'un logement chauffé à l'électricité, à consommation réelle inchangée.
Oui. Si votre logement est chauffé à l'électricité, un nouveau DPE réalisé après le 1er janvier 2027 peut afficher une meilleure étiquette que le précédent, sans qu'aucun chantier n'ait été réalisé et sans que votre facture ne baisse.
Non. Le changement de coefficient modifie uniquement le calcul administratif, pas la consommation réelle du logement ni le montant payé au fournisseur d'énergie. Seuls des travaux d'isolation ou de chauffage réduisent réellement la facture.
Non. Les aides comme MaPrimeRénov' et les CEE restent conditionnées à des travaux réels et vérifiés, pas à la seule étiquette DPE. Une meilleure lettre sur le papier ne change rien à l'état réel de l'isolation ni au confort du logement.
Calculez en 2 minutes les aides (MaPrimeRénov', CEE, Éco-PTZ) auxquelles vous avez droit.